La péninsule du Niagara, villes fantômes et mystère de la nature

Je dois bien être honnête, quand je suis partie pour la péninsule de Niagara, je n’avais pas la moindre idée de ce qui m’y attendait. J’avais entendu dire que les chutes étaient impressionnantes, que Niagara Falls, la ville des chutes, était devenue un mini-Vegas, avec prostituées inoubliables et casinos lumineux, que la route des vins était charmante. Et c’était à peu près tout. La vérité était à la fois fidèle à ces clichés et encore plus folle.

Les chutes en soi ne m’ont pas tant impressionnée. Oui, c’est haut, c’est sûr, c’est légèrement bruyant mais ça ne m’a pas envahi d’un sentiment de respect et d’admiration envers la Nature. Ce qui m’a le plus épatée, c’était l’ambiance. Dans un ciel gris, les chutes se détachaient avec peine, masquées par un épais nuage de brûme. Tout autour, les arbres s’étaient entourés d’un manteau de glace. L’humidité gelée des chutes avait recouvert toute la berge. Malgré le froid, la rivière continuait de couler, embarquant d’épais morceaux de neige.
La dernière touche à ce tableau onirique ? Le silence et la tranquillité. Ce lieu habituellement si bruyant et touristique était tout bonnement vide. Est-ce la tempête de neige qui sévissait sur la région ou simplement l’époque de l’année et le froid ? Je ne sais pas. En tout cas, les berges étaient vides, les attractions fermées et les boutiques et restaurants à l’abandon.

La ville aussi avait pris des airs de ville fantôme. On se serait cru dans un parc d’attractions laissé à l’abandon, dans une énorme ville casino après invasion de zombies. Toutes les lumières brillaient encore, quelques salles de jeux d’arcade étaient encore ouvertes, deux ou trois restaurants servaient envers et contre tout mais la ville était vide. Le côté positif c’est que le service au Hard Rock Café (un des trois seuls restaurants ouverts) fut on ne peut plus rapide.

Et puis, à peine la ville quittée, on arrive dans un autre monde, la région des vins. Quel changement radical !
Niagara-on-the-Lake est le cliché du village carte postale. De jolies petites maisons avec vue sur le lac, cotoient des auberges et bed & breakfast entourés de galeries d’art. Un village tellement adorable qu’on aimerait rester dehors plus de 20 minutes sans geler. Sauf que c’est tout simplement impossible. D’ailleurs, nous étions bien les seules dehors. Les rares boutiques et restos ouverts l’hiver avaient presque tous fermé après quelques heures face au manque de clients.
D’un autre côté, le froid est une excellente excuse pour prendre un chocolat chaud et une tarte aux pommes devant un feu de cheminée dans une petite auberge d’époque.

Et puis, il y a la route des vins avec ses vignobles enneigés. La balade est adorable, et le vin à couper de souffle. Les spécialités sont les vins de fruit, très doux, frais mais corsés, et les fameux vins de glace. Grâce à son micro-climat créé par le Lac Ontario, la péninsule du Niagara produit 90% de la production mondiale de ce vin de luxe. Pour faire un vin de glace, il faut recueillir les grappes de nuit à -10° afin que les 80% d’eau contenu dans un raisin aient gelé et qu’il ne reste plus que les 20% de nectar. Le nectar est alors tellement dense qu’il faut presser 10 fois plus de raisins pour obtenir la même quantité de vin classique. Le résultat est un vin incroyable, très frais et sucré.

Cette excursion un peu surréelle, c’est fini avec un grand soleil qui présageait une journée magique dans le parc naturel d’Algonquin. Mais je vous raconterai tout ça dans les prochains jours ;)

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